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La méthode DISC en pratiqueComment souhaitez-vous démarrer ?

Le leadership en entreprise

Une balise de randonnée peinte sur un rocher

Le leadership en entreprise ne tient pas au titre inscrit sur un organigramme : il se mesure à la façon dont une équipe se met en mouvement. Un encadrant peut disposer de toute l’autorité hiérarchique et n’obtenir qu’une exécution polie ; un autre, au même poste, obtient l’engagement. Cet article réunit de quoi s’y retrouver : ce que recouvre le leadership, ce qui le sépare du management, les compétences qui le portent, les styles disponibles et la manière dont tout cela se travaille — car cela se travaille.

Ce que recouvre le leadership en entreprise

Le leadership désigne la capacité d’exercer une influence sur les membres d’un groupe pour les conduire vers un objectif commun. Dans une entreprise, cette influence est le plus souvent exercée par un cadre à qui l’organisation a confié une équipe. Elle ne se confond pourtant pas avec l’autorité reçue : l’autorité est donnée par l’organigramme, le leadership est accordé par ceux qui suivent. C’est toute la différence entre une consigne appliquée et une consigne à laquelle on adhère.

Concrètement, le travail du leader porte sur trois objets : la direction — où va-t-on, et pourquoi —, le climat dans lequel on y va, et l’énergie que l’équipe accepte d’y mettre. Une équipe qui connaît son cap mais ne s’y reconnaît pas avance au pas ; une équipe motivée sans cap dépense son énergie en pure perte.

L’influence ne se décrète pas

Elle s’installe par la constance : annoncer ce que l’on va faire, faire ce que l’on a annoncé, assumer les décisions difficiles devant l’équipe plutôt que derrière elle. Un collaborateur accorde sa confiance à ce qu’il observe, pas à ce qu’on lui déclare. C’est pourquoi les premiers mois d’un encadrant dans un poste pèsent si lourd : les arbitrages qu’il rend alors dessinent durablement ce que l’équipe attend de lui.

Leadership et management : deux fonctions, une seule personne le plus souvent

La distinction entre les deux mots est utile tant qu’on n’en fait pas une opposition. Elle sert à nommer deux registres de travail qui ne s’exercent ni au même moment ni sur les mêmes objets.

Ce dont répond le manager

Le manager est responsable de la gestion opérationnelle : répartir les tâches, tenir les délais, suivre les performances individuelles et collectives, organiser les moyens, rendre compte. Son horizon est celui de l’exécution — planifier, organiser, contrôler, corriger. Ce sont des savoir-faire qui s’apprennent, et dont personne ne se passe : une équipe inspirée mais désorganisée ne livre rien.

Ce qu’apporte le leader

Le leader, lui, donne une direction et du sens. Il formule une vision, la partage, obtient l’adhésion, encourage l’initiative et la coopération. Son horizon est plus long, et ce qu’il modifie tient moins aux procédures qu’à la façon dont les personnes s’y engagent.

Pourquoi les séparer n’a d’intérêt que sur le papier

Dans la vie réelle, la même personne exerce les deux rôles dans la même journée. Un encadrant purement gestionnaire obtient de la conformité et aucune initiative ; un encadrant purement inspirant épuise son équipe dans des projets qui ne se terminent jamais. La compétence recherchée est la combinaison des deux : tenir le cadre et donner envie de le dépasser. C’est exactement ce que décrivent les cinq positions de la grille de Blake et Mouton, qui croisent l’intérêt porté aux résultats et l’intérêt porté aux personnes.

Les compétences qui portent le leadership

Elles ne relèvent pas de l’expertise métier. Un excellent ingénieur ou un excellent vendeur ne devient pas leader par le seul effet d’une promotion : il change de métier. Voici celles qui reviennent dans tous les postes d’encadrement.

Communiquer, et d’abord écouter

Une communication utile transmet une consigne claire, explique la raison qui la motive et vérifie qu’elle a été comprise. La partie la plus négligée reste l’écoute : écouter sans préparer sa réponse, reformuler pour s’assurer d’avoir compris, accepter d’entendre ce qui dérange. Un encadrant qui reformule avant de trancher gagne à la fois en justesse et en crédibilité.

Donner et recevoir du feedback

Un retour utile porte sur des faits observables et sur leurs effets, jamais sur la personne : « le compte rendu est parti avec deux jours de retard et le client a relancé » plutôt que « tu n’es pas fiable ». Il arrive vite : un retour gardé pour l’entretien annuel n’a plus aucune valeur corrective. Le recevoir est un exercice symétrique — écouter jusqu’au bout, demander des exemples, puis décider ce qu’on en fait. Un encadrant qui se justifie systématiquement obtient en quelques mois le silence de son équipe.

Décider avec ce que l’on a

Décider, c’est trancher avec des informations incomplètes et en assumer les suites. Les deux fautes symétriques sont la décision précipitée, prise pour se débarrasser du sujet, et la décision indéfiniment repoussée dans l’attente d’une certitude qui ne viendra pas. Une pratique simple évite beaucoup de rancœurs : annoncer d’emblée qui décide et selon quel calendrier, pour que chacun sache s’il est consulté ou informé.

Organiser, hiérarchiser, déléguer

Le temps d’un encadrant est la ressource la plus disputée de l’entreprise. Hiérarchiser suppose d’accepter que certaines choses ne seront pas faites, et de le dire. Déléguer consiste à confier un résultat, et non une liste de gestes, avec les moyens et la marge de manœuvre correspondants — puis à s’y tenir. Une délégation reprise à la première difficulté ne produit ni autonomie ni confiance.

Prévenir les conflits plutôt que les arbitrer

Les conflits se gèrent, mais ils s’anticipent surtout. Ils naissent presque toujours du même terreau : des rôles mal délimités, des objectifs contradictoires entre deux services, une règle appliquée à géométrie variable. Clarifier qui fait quoi, expliciter les critères d’arbitrage et traiter les tensions tant qu’elles sont petites coûte infiniment moins cher qu’une médiation six mois plus tard.

L’intelligence émotionnelle

Popularisée au milieu des années 1990 par les travaux de Daniel Goleman, elle désigne la capacité à reconnaître ses propres émotions, à les réguler et à percevoir celles des autres. En situation d’encadrement, elle se manifeste très concrètement : garder son calme quand un dossier dérape, reporter un entretien plutôt que de le mener en colère, remarquer qu’un collaborateur décroche avant qu’il ne pose sa démission.

Les styles de leadership et le moment de les employer

Aucun style n’est bon en soi. Le même encadrant gagne à varier son approche selon la situation, l’enjeu et surtout le degré d’autonomie de la personne en face de lui : un collaborateur chevronné sur un sujet qu’il maîtrise n’attend pas le même traitement qu’un nouvel arrivant.

Le style directif

Le responsable décide seul et attend l’application. Ce style est le bon dans l’urgence, en situation de crise, ou face à quelqu’un qui découvre une tâche et a besoin d’un cadre précis. Employé en permanence, il éteint l’initiative et fait partir les meilleurs : l’équipe cesse de signaler les problèmes, puisque son avis ne change rien.

Le style participatif

Le responsable associe l’équipe à la décision, sollicite les points de vue et en tient compte. Il nourrit la créativité et le sentiment d’appartenance, et convient particulièrement aux sujets dont la compétence est répartie dans l’équipe. Il demande du temps et une règle claire : dire dès le départ si l’on consulte ou si l’on décidera ensemble, faute de quoi la consultation passe pour une manœuvre.

Le style délégatif

Le responsable confie l’objectif et laisse le chemin libre. C’est le style qui fait grandir, à condition qu’il reste une délégation et ne devienne pas un abandon : un point d’étape convenu, une porte ouverte en cas de blocage, un retour à l’arrivée. Dans une PME romande où chacun porte plusieurs casquettes, c’est souvent le seul style tenable — encore faut-il l’assumer jusqu’au bout, y compris lorsque le résultat n’est pas celui qu’on aurait obtenu soi-même.

D’autres approches se situent à un autre niveau : elles décrivent moins une manière de trancher au quotidien qu’une façon de faire évoluer toute une équipe. C’est le cas du leadership fondé sur la vision partagée et la montée en compétence de chacun, particulièrement utile en période de transformation.

Diriger à distance et dans des équipes diverses

Le management à distance

Le travail hybride a rendu ordinaire ce qui était exceptionnel. Encadrer à distance oblige à renoncer au contrôle visuel et à le remplacer par des objectifs clairs et des points réguliers. Deux réflexes limitent les dégâts : formaliser ce qui allait de soi au bureau — qui décide, où se range l’information, sous quel délai on répond — et préserver des moments sans ordre du jour, parce que les échanges informels ne se produisent plus tout seuls. Une équipe partagée entre un siège romand et des collaborateurs installés ailleurs ne se pilote pas au nombre d’heures de connexion.

Des équipes de plus en plus diverses

Âges, parcours, cultures, langues de travail : la composition des équipes s’est élargie, et avec elle les malentendus possibles. Ce qui passe pour de la franchise chez l’un passe pour de la brutalité chez l’autre ; un silence signifie l’accord ici et le désaccord ailleurs. Le sujet mérite un traitement à part entière, développé dans notre page consacrée à la conduite d’équipes réparties sur plusieurs pays.

Le leadership, cela se travaille

Rien de ce qui précède n’est un trait de caractère figé. Ces compétences s’acquièrent, à condition de s’y prendre autrement qu’en lisant. Elles ne se confondent pas avec un inventaire de ce qu’on sait faire : la démarche du bilan de compétences répond à une autre question, celle de l’orientation, pas celle de la conduite d’équipe.

  • Commencer par son propre fonctionnement. Les outils de profil comportemental servent exactement à cela : repérer ses réflexes sous pression, comprendre pourquoi certains collaborateurs sont plus faciles à diriger que d’autres. C’est l’usage le plus courant du DISC en entreprise.
  • Provoquer les retours. Une question précise — « qu’est-ce que je devrais arrêter de faire en séance ? » — rapporte davantage qu’un questionnaire anonyme.
  • Travailler une compétence à la fois, sur un terrain réel, pendant quelques semaines, plutôt que de suivre un séminaire généraliste dont il ne reste rien au bout de quinze jours.
  • Se faire accompagner quand le poste change de dimension : un pair, un mentor interne, une formation ciblée sur la difficulté du moment.

Trois erreurs qui coûtent cher

La première : confondre disponibilité et efficacité, répondre à tout dans la minute et finir par ne plus diriger que l’urgence. La deuxième : appliquer à tous le style qui nous convient, en oubliant que la personne en face n’a ni notre expérience ni nos motivations. La troisième, la plus fréquente : éviter les conversations désagréables. Un problème de performance ou de comportement que l’on ne traite pas ne disparaît pas — il devient la nouvelle norme de l’équipe, et les collaborateurs sérieux en tirent leurs conclusions.

FAQ

Qu’est-ce que le leadership en entreprise ?

C’est la capacité d’influencer un groupe pour l’amener vers un objectif commun : donner une direction, la faire partager et obtenir l’engagement de chacun. Elle ne découle pas automatiquement de la position hiérarchique.

Quelle est la différence entre un leader et un manager ?

Le manager organise, planifie, répartit et contrôle ; le leader donne un cap et obtient l’adhésion. Dans la réalité, la même personne exerce les deux rôles, et c’est leur combinaison qui fait un encadrant efficace.

Le leadership s’apprend-il ?

Dans une large mesure, oui. Certaines dispositions facilitent les choses, mais la communication, le feedback, la délégation ou la prévention des conflits sont des compétences qui s’acquièrent par la pratique et par des retours réguliers.

Quelles compétences développer en priorité ?

Celles qui manquent le plus vite dans le poste occupé. Pour un encadrant qui débute, c’est le plus souvent la clarté des consignes et la capacité à donner un retour ; pour un cadre confirmé, la délégation et l’arbitrage des priorités.

Faut-il s’en tenir à un seul style de leadership ?

Non. Le style se choisit selon la situation et l’autonomie du collaborateur. Ce qui doit rester constant, ce ne sont pas les méthodes, mais les règles du jeu : les mêmes critères pour tous, et ce qui a été annoncé se fait.