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La méthode DISC en pratiqueComment souhaitez-vous démarrer ?

Quelle est l’utilité d’un bilan de compétences ?

Une borne de distance posée sur un socle de pierres

Un bilan de compétences est une démarche structurée par laquelle une personne fait le point sur son parcours, ses compétences, ses motivations et ses possibilités d’évolution, avec l’aide d’un intervenant extérieur à son entreprise. En Suisse, la démarche relève de l’initiative privée : c’est la personne elle-même, ou son employeur, qui la lance et choisit le praticien. C’est une bonne et une mauvaise nouvelle — personne ne vous impose de cadre, personne ne le garantit non plus, et le choix de l’accompagnant fait à peu près toute la qualité du résultat.

Pour un encadrant, ce sujet n’est pas anecdotique. Un collaborateur qui s’engage dans une telle démarche revient avec des questions précises sur son poste, ses perspectives et ce qu’on attend de lui. Savoir de quoi il s’agit évite de le vivre comme une menace ou, à l’inverse, de le confondre avec un test de personnalité.

Ce qu’une telle démarche apporte réellement

Le premier apport est un inventaire. Presque personne ne sait énumérer ses compétences : on connaît son intitulé de poste, ses tâches, parfois ses diplômes, rarement ce qu’on sait faire indépendamment du contexte où on l’a appris. Le travail consiste à extraire des expériences vécues — professionnelles, associatives, personnelles — ce qui est transférable ailleurs, et à le formuler en termes que d’autres comprendront.

Le deuxième apport est une hiérarchie. Une fois l’inventaire posé, encore faut-il savoir ce qui compte pour la personne : quelles conditions de travail lui conviennent, quel niveau d’autonomie, quel rapport à la responsabilité, quelles contraintes elle accepte et lesquelles la rendent malheureuse. Beaucoup de reconversions ratées viennent d’un projet construit sur des compétences réelles mais sur des envies mal identifiées.

Le troisième apport est un plan. Un bilan qui se termine sur un beau document sans première étape datée n’a servi à rien. La sortie utile, c’est une liste courte d’actions concrètes : une formation à suivre, deux personnes à rencontrer, une expérience à tenter en interne avant de partir.

Enfin, la démarche redonne souvent de l’assurance. Mettre des mots précis sur ce qu’on sait faire change la manière dont on se présente, en entretien comme devant son propre responsable. C’est parfois le seul effet visible à court terme, et ce n’est pas le moindre.

Qui s’engage dans un bilan de compétences

Des salariés en milieu de parcours. C’est le cas le plus fréquent. Après huit ou quinze ans dans un métier, la question n’est plus « qu’est-ce que je sais faire » mais « est-ce que je veux continuer ainsi quinze ans de plus ». La démarche ne débouche pas systématiquement sur un départ : elle se conclut assez souvent par un repositionnement à l’intérieur de la même entreprise.

Des cadres et des encadrants. Un chef d’équipe promu pour ses compétences techniques découvre parfois qu’il exerce désormais un autre métier. Faire le point l’aide à choisir en connaissance de cause entre l’expertise et l’encadrement, plutôt que de subir une trajectoire décidée par d’autres. Cette réflexion recoupe celle qu’on mène en coaching professionnel, avec une différence de focale : le bilan travaille sur l’orientation, le coaching sur la pratique.

Des personnes en transition. Fin de contrat, retour après une interruption longue, arrivée dans une nouvelle région linguistique, activité indépendante à réorienter : la démarche sert alors à reconstruire un cap avant de postuler à tout et n’importe quoi.

Des employeurs, pour leurs collaborateurs. Une entreprise peut proposer et financer la démarche, notamment lorsqu’un poste disparaît ou se transforme. L’exercice n’a de valeur qu’à une condition, et elle est stricte : la synthèse appartient à la personne accompagnée, et l’employeur n’y a accès que si elle le décide. Un bilan dont le compte rendu remonte automatiquement à la hiérarchie n’est pas un bilan, c’est une évaluation déguisée — et les collaborateurs le comprennent immédiatement.

Comment la démarche se déroule

Les praticiens sérieux travaillent en trois temps, sur plusieurs semaines. L’étalement n’est pas un artifice de facturation : il faut du temps entre les séances pour que la réflexion se fasse.

Un premier entretien de cadrage. On y vérifie que la demande est claire, que le moment est le bon, et que la méthode convient. C’est aussi le moment où la personne choisit — ou non — de poursuivre avec cet intervenant. Un accompagnant qui n’accepte pas d’être évalué lors de ce premier rendez-vous est un mauvais signe.

Une phase d’exploration. C’est le cœur du travail : entretiens approfondis, reconstitution du parcours, questionnaires, mises en situation, enquête sur les métiers envisagés. On y confronte les hypothèses au réel, en allant rencontrer des professionnels du secteur visé plutôt qu’en se fiant à des descriptions de fonction.

Une synthèse écrite. Le document reprend les compétences identifiées, les motivations, les pistes retenues et les étapes à franchir. Il est remis à la personne accompagnée, qui en dispose comme elle l’entend. L’usage professionnel veut que l’ensemble des échanges reste confidentiel ; c’est un point à vérifier explicitement avant de s’engager, puisque rien ne l’impose.

Les questions posées, étape par étape

La valeur d’un bilan tient beaucoup à la qualité des questions. Les connaître à l’avance permet d’y réfléchir sans attendre la séance.

Sur les raisons de la démarche. Pourquoi maintenant, et pas il y a deux ans ? Qu’attendez-vous précisément de ce travail ? Qu’est-ce qui changerait pour vous si la démarche réussissait ? Y a-t-il une décision que vous avez déjà prise sans vous l’avouer ?

Sur les compétences. Quelles compétences avez-vous développées, et dans quelles circonstances ? Lesquelles avez-vous acquises hors du cadre professionnel ? Qu’est-ce que vos collègues viennent vous demander spontanément ? Qu’est-ce que vous faites facilement et que d’autres trouvent difficile ?

Sur la satisfaction et les valeurs. Quels moments de votre parcours vous ont donné le sentiment d’être à votre place ? Lesquels vous ont usé, et pourquoi ? Quels principes ne négociez-vous pas ? Qu’est-ce qui, dans votre travail actuel, vous coûte le plus d’énergie pour un résultat faible ?

Sur le projet. Quel poste visez-vous à trois ans ? Dans quel type de structure ? Qu’êtes-vous prêt à céder — salaire, statut, mobilité, horaires — et qu’est-ce qui n’est pas négociable ? Qui, dans votre réseau, exerce déjà ce métier et pourrait vous en parler sans complaisance ?

Sur la mise en œuvre. Quelle est la première action, et à quelle date ? De quelle formation avez-vous réellement besoin, et laquelle sert surtout à retarder la décision ? Quels obstacles prévoyez-vous, et qu’avez-vous prévu pour chacun ?

Un bilan n’est pas un test de personnalité

C’est la confusion la plus répandue, et elle vaut d’être levée, notamment quand un questionnaire comportemental est utilisé pendant la phase d’exploration.

Un bilan de compétences porte sur ce que vous savez faire, sur ce que vous avez appris et sur ce que vous voulez. Un outil comme le DISC porte sur autre chose : la manière dont vous vous comportez habituellement au travail, votre façon d’aborder les problèmes, les gens, le rythme et les règles. Le DISC ne mesure ni les compétences, ni l’intelligence, ni la valeur professionnelle, et le fonctionnement du test DISC ne prétend rien de tel. Il éclaire la façon dont vous travaillerez dans un environnement donné, pas ce dont vous êtes capable.

L’articulation entre les deux est pourtant utile. Une personne dont le style dominant recherche la stabilité et les relations durables — un profil S — envisagera une reconversion différemment de quelqu’un qui va vite et veut du résultat immédiat : même projet, rythme et besoins d’accompagnement très différents. De même, un profil C, attaché aux données et à la précision, voudra vérifier chaque hypothèse avant de bouger, là où un profil I se décidera sur une rencontre inspirante. Connaître cette tendance évite de prendre son propre fonctionnement pour une règle universelle. Reste la mise en garde habituelle : il n’existe pas de meilleur profil DISC, donc aucun profil mieux armé qu’un autre pour changer de voie.

Ce qu’un encadrant peut en faire

Quand un collaborateur annonce qu’il entame une telle démarche, trois réflexes valent mieux que l’inquiétude.

Le premier est de ne pas réclamer la synthèse. Elle ne vous appartient pas, et la demander suffit à faire échouer la conversation qui suivra.

Le deuxième est de proposer un entretien une fois la démarche terminée, sans y mettre d’enjeu. Une partie des projets qui en sortent peuvent se réaliser sur place, à condition que quelqu’un s’en occupe : un élargissement de mission, un dossier transversal, un tutorat. Ce qui part le plus souvent, ce n’est pas le collaborateur qui a fait un bilan, c’est celui à qui personne n’a rien proposé après.

Le troisième est de traiter le cas comme un changement, avec la méthode qui va avec. Un collaborateur qui repositionne son rôle modifie l’équilibre de l’équipe, et cela relève des mêmes précautions que toute autre transformation à accompagner : dire ce qui change, dire ce qui ne change pas, et laisser le temps nécessaire.

Questions fréquentes

Combien de temps dure un bilan de compétences ?

Il n’existe pas de durée standard hors d’un cadre réglementaire. En pratique, la démarche s’étale sur plusieurs semaines, à raison de séances espacées, parce que le travail de réflexion se fait entre les rendez-vous autant que pendant.

Faut-il prévenir son employeur ?

Rien n’y oblige lorsque la démarche est engagée à titre personnel et menée hors du temps de travail. Prévenir devient utile quand on espère que le projet aboutisse à l’intérieur de l’entreprise, puisqu’il faudra bien que quelqu’un puisse le porter.

Comment choisir son accompagnant ?

En regardant la méthode annoncée, la durée proposée, le sort réservé à la confidentialité et la façon dont le premier échange se déroule. Un intervenant qui promet un résultat, qui vend une formation dans la foulée ou qui refuse de dire comment il travaille se disqualifie tout seul.